Les deux humeurs de la préménopause : de « Je suis fâchée » à « Cachez les couteaux »

Publié le 27 mai 2026 à 05 h 04

Il y a un moment dans la vie d’une femme où ton corps décide soudainement de devenir un escape room hormonal… sauf qu’il n’y a aucune sortie et que tout le monde autour de toi devient un suspect.

La préménopause.

Cette merveilleuse période où tu peux passer de :

« Ça va, je suis zen. »

à
« SI QUELQU’UN RESPIRE TROP FORT PRÈS DE MOI, JE DÉMÉNAGE EN FORÊT. »

Et le pire?  C’est qu’il n’existe plus de milieu.

Avant, j’avais plusieurs émotions :heureuse, fatiguée, stressée, émotive, calme…

Maintenant? J’en ai deux.

  1. Je suis irritée.
  2. Je pourrais être interviewée dans un documentaire Netflix.

Et honnêtement, ça change vite.

Très vite.

Exemple réel : 

Mon conjoint m’a demandé : 

- « Tu sais où est le ketchup? »

Question normale. 

Question banale.

Question innocente.

Mais mon cerveau hormonal a entendu : 

- « Bonjour, incapable de gérer la maison, puis-je aussi remettre en question toute ton existence pendant que j’y suis? »

J’ai vu ma vie défiler.
J’ai vu les manchettes.
J’ai vu la narratrice de documentaire dire :

« Personne ne se doutait que tout avait commencé avec un condiment. »

Le pauvre homme voulait juste des frites.

Et parlons des sons.

POURQUOI les gens mâchent-ils comme des castors en colère?
Pourquoi quelqu’un peut-il claquer une porte comme s’il auditionnait pour Fast & Furious?
Pourquoi les adolescents respirent-ils avec autant d’audace?

La préménopause te transforme en détective du bruit.
Tu n’entends plus la musique.
Tu entends :

  • des narines
  • des fourchettes
  • des pas
  • le froissement d’un sac de chips à trois pièces de distance

Tu développes aussi une rage inexplicable contre les objets.

Les objets deviennent soudainement personnels.

Le couvercle qui ne ferme pas?
Attaque directe.

Le Tupperware qui tombe du comptoir?
Provocation.

La manche de chandail qui s’accroche à la poignée?
Tentative d’assassinat.

Et pourtant…  la minute suivante, tu pleures parce qu’un chien à la télévision avait l’air « tellement poli ».

Tu sanglotes devant une publicité de margarine, mais cinq minutes plus tard tu regardes quelqu’un charger le lave-vaisselle incorrectement avec l’énergie d’un général de guerre.

Le plus drôle, c’est que tout le monde te dit :  

« Fais juste respirer. »

Ah oui?
MERCI SYLVAIN.
Je n’y avais jamais pensé.

Respirer.

Quelle idée révolutionnaire.

Je vais respirer pendant que mon corps déclenche une révolution française dans mon système nerveux parce qu’on a osé me demander ce qu’on mange ce soir.

Et malgré tout… on continue.

On travaille.
On cuisine.
On répond poliment.
On paie des factures.
On dit : 

« Non non, ça va! »

… alors qu’intérieurement, on est à deux degrés de devenir une légende urbaine.

La préménopause, au fond, c’est ça : être une femme forte, mature, expérimentée…  mais émotionnellement à une remarque près de lancer une chaise en plastique de patio.

La Délicatement Fatiguée

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