Le syndrome du “Bah… c’est correct de même”

Publié le 29 avril 2026 à 05 h 43

     Il y a un phénomène fascinant dans les relations de longue durée. Un mystère étudié par personne, mais vécu par tout le monde : le syndrome du « Bon… c’est correct de même. »

     Au début d’une relation, les gens se préparent pour aller au dépanneur comme s’ils auditionnaient pour une publicité de parfum.  Petit parfum subtil.  Beau chandail.  Cheveux placés.  Regard mystérieux.  Dix-sept ans plus tard?  Le même homme traverse le salon en bobettes trouées avec un vieux chandail des séries éliminatoires de 2008, mange des céréales directement dans le plat de service et te demande :

- « Tu me trouves-tu encore séduisant? »

Mon homme… tu as actuellement l’air d’un professeur de sciences qui a survécu à une explosion de volcan bicarbonate-vinaigre.

Et le pire?  Ils deviennent COMPLÈTEMENT confiants.  Avant :

  • « Je vais me raser avant qu’on sorte. »

Après 20 ans :

  • « Bah. Le poil pousse de façon artistique. »

Artistique pour QUI, mon Paul?

     Et attention… ça devient encore plus intense quand les enfants quittent la maison.  Parce qu’avant, les parents étaient occupés. Très occupés.  Le chaos cachait plusieurs affaires.  Les lunchs.  Le hockey.  Les devoirs.  Les pratiques.  Le bruit constant.  Mais quand les enfants partent… le silence arrive.  Et avec le silence vient une réalisation brutale :

« Mon Dieu… on est redevenus seuls ensembles. »

     C’est là que tu regardes ton conjoint dans toute sa vérité.  Sans distraction.  Sans horaire familial.  Sans petite voix qui crie « MAMAN IL A TOUCHÉ À MON CHARGEUR ».  Juste lui.  Assis dans un fauteuil inclinable qu’il traite comme un trône royal, en regardant des vidéos YouTube sur “les dix meilleurs moteurs diesel de 1987”.  Et soudainement, tu comprends quelque chose.  Certains conjoints ne se prennent pas seulement pour acquis… ils se prennent pour des meubles.  Ils fusionnent tranquillement avec la maison.  Le mari devient une extension du Lazy Boy.  La femme devient la gardienne officielle des plantes, des rendez-vous et des piles de papiers mystérieux sur le comptoir.

La séduction?  Elle existe encore… techniquement.  Elle ressemble juste à :

« Je t’ai acheté tes biscuits préférés. »

     Et honnêtement?  À notre âge… ça fonctionne un peu trop bien.  Parce qu’après les grandes passions hollywoodiennes, après les crises des enfants, après les hypothèques et les discussions sur les taux d’intérêt… l’amour mature devient étrange.  Très étrange.  C’est quelqu’un qui te texte :

« Veux-tu que je te parte la sécheuse? »

Et toi tu lis ça avec des papillons dans le ventre. 

      Mais quand même… il faudrait parfois faire un petit effort.  Pas besoin de redevenir des influenceurs fitness qui boivent des smoothies verts à 5 h du matin.  Juste… rappeler à l’autre qu’il ou elle est encore un conjoint. Pas un colocataire fiscal.  Mettre un vrai chandail pour souper, ça compte comme du romantisme rendu là.  Et si tu veux vraiment raviver la flamme après le départ des enfants?  Facile.  Ferme la télévision.  Range le téléphone.  Regarde ton conjoint dans les yeux.  Et dis :

« Ce soir… on commande autre chose que la même pizza. »

L’amour peut survivre à beaucoup de choses.  Même aux bobettes trouées.

La Délicatement Fatiguée

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