Au travail, ce matin, je pensais et…Je me disais …Il y a des gens qui rêvent de silence, de calme, de bureaux fermés et de gens autour d’eux qui ne demandent pas :« Madame… si un vampire mord un zombie, est-ce qu’il devient humain? » Moi, j’aime l’école secondaire. Oui. Volontairement. J’aime les corridors trop bruyants, les casiers qui claquent comme des portes de saloon, les annonces à l’intercom qui commencent toujours par un grésillement inquiétant, et cette énergie étrange qui flotte dans l’air entre une crise de math et une peine d’amour. Parce qu’une école secondaire, ce n’est pas juste un lieu d’apprentissage. C’est un documentaire animalier… mais avec des cellulaires.
Les adolescents sont fascinants. Ils peuvent débattre pendant vingt minutes sur la signification philosophique de la vie… puis oublier leur cartable pour la quatrième fois de la semaine. Ils arrivent à l’école moitié endormis, moitié affamés, avec un coton ouaté malgré le mois de juin, un café glacé à 9 dollars et une capacité impressionnante à dire : « J’ai rien fait… » alors que toute la classe les a vus faire exactement CE qu’ils prétendent ne pas avoir fait.
Et pourtant… on les aime. On aime leurs réactions dramatiques quand le Wi-Fi coupe pendant huit secondes. Leur regard de panique quand on dit : « Sortez une feuille. »
Leur talent exceptionnel pour transformer un travail de cinq minutes en projet de reconstruction nationale. Mais surtout, on aime leur humour involontaire. Parce qu’aucun scénariste au monde ne peut inventer certaines conversations entendues dans une école secondaire. Comme :
« Monsieur, techniquement, je suis en retard, mais émotionnellement j’étais déjà ici. »
Ou encore :
« Madame, mon chien n’a pas mangé mon devoir… mais il a clairement nui à mon processus créatif. »
Les adolescents vivent tout intensément. Une note de 72 %, c’est soit : « Quand même bon! » ou « Ma vie est terminée. » Il n’y a pas de milieu.
Et comme adulte dans une école (enseignant, éducateur, direction, secrétaire, concierge, peu importe ) on devient un mélange étrange de professeur, psychologue, détective, arbitre, technicien informatique et gestionnaire de drames amoureux.
Une journée typique peut ressembler à ceci :
8h15 : gérer un conflit majeur.
8h22 : expliquer pourquoi on ne peut pas chauffer du poisson au micro-ondes avec du papier d'aluminium.
8h40 : écouter un élève expliquer que son retard est causé par « une mauvaise énergie universelle ».
9h10 : retrouver un Chromebook disparu… dans le sac de l’élève qui le cherchait.
9 h 45 : Rassurer un élève qui croit qu’une poupée vaudou a été fabriquée à son effigie..
Et malgré tout ça… il y a quelque chose de profondément beau dans une école secondaire. Parce qu’au milieu du chaos, des écouteurs cachés sous les cheveux et des « j’comprends rien » lancés au plafond… il y a des jeunes qui grandissent. Des jeunes qui cherchent leur place. Qui testent leurs limites. Qui veulent avoir l’air détachés… mais qui remarquent énormément plus qu’on le pense. Ils se souviendront peut-être pas du théorème de Pythagore. Mais ils vont se souvenir de l’adulte qui les a accueillis avec le sourire même un lundi de novembre.
Et honnêtement? Il y a quelque chose de contagieux dans cette énergie-là. Parce qu’une école secondaire, c’est vivant. C’est imparfait, bruyant, imprévisible… et incroyablement humain. Et entre deux sonneries, deux crises existentielles et trois élèves qui demandent s’ils peuvent aller remplir leur bouteille d’eau pour la sixième fois… on finit par réaliser qu’on ne travaillerait nulle part ailleurs.
La Délicatement Fatiguée
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