Forte… mais pas en acier trempé non plus

Publié le 14 avril 2026 à 19 h 00

     On me l’a souvent dit, avec ce petit regard admiratif (et légèrement pratique) :
« Toi, t’es forte. »

Forte, moi!?


     Le genre de mot qu’on te donne comme un trophée… mais qui vient aussi avec un sac à dos invisible rempli de responsabilités émotionnelles. Parce que quand t’es « forte », bizarrement : tu gères mieux les crises (les tiennes… et celles des autres),  tu encaisses sans trop broncher, tu comprends, tu pardonnes, tu continues.   En résumé : tu es un peu le service client des émotions humaines.

 

La vérité ? Parfois, j’aimerais être un peu “molle”

 

Oui, oui. Molle.

     Pas dans le sens « incapable de fonctionner », mais dans le sens :  avoir le droit de ne pas comprendre tout de suite, ne pas toujours être celle qui tient la structure quand tout le monde tangue, pouvoir dire « je sais pas » sans que le monde s’écroule.

     Parce que soyons honnêtes… Être forte, c’est épuisant.  C’est comme être en permanence la batterie externe de tout le monde…  sans jamais être celle qui se recharge en premier.

 

Plot twist : la femme forte pleure aussi (et mange parfois du fromage direct dans le frigo)

 

     Oui, je pleure.  Pas toujours devant les autres (faut pas exagérer, j’ai une réputation à maintenir),  mais assez pour savoir que la force et la sensibilité ne sont pas des opposés.  Elles cohabitent. Je peux : prendre des décisions difficiles, soutenir les autres, gérer des situations complexes… …et quand même être bouleversée par une chanson random ou un regard de déception.  La force, ce n’est pas l’absence de fragilité. C’est juste apprendre à vivre avec elle sans qu’elle dirige tout.  (Mais elle a quand même un droit de visite fréquent.)

 

Le piège d’être “celle qui gère”

 

     Le problème, c’est que plus tu es forte… plus les gens oublient que tu as besoin, toi aussi.  On ne demande pas souvent à la personne solide : « Et toi, ça va vraiment ? » Parce qu’on assume que oui. 

Spoiler : pas toujours.

     Parfois, j’aimerais juste qu’on me prenne dans les bras sans me demander de solution, sans me voir comme une référence, sans attendre que je transforme le chaos en plan d’action. Juste… être.

 

Et si ma vraie force, c’était d’accepter que je ne le suis pas tout le temps ?

 

Avec le temps, j’apprends quelque chose d’un peu révolutionnaire (pour moi) :

  • Être forte, ce n’est pas être invincible.
  • Ce n’est pas tout porter.
  • Ce n’est pas toujours réussir.

C’est aussi :

  • Demander de l’aide (même si ça gratte l’ego);
  • Dire « là, je suis fatiguée »;
  • Ne pas toujours être la version “admirable” de soi.

  C’est, aussi, accepter que derrière la femme forte…  il y a juste une humaine.  Complexe, sensible, parfois dépassée, souvent courageuse malgré tout.

 

Conclusion : forte… oui. Mais surtout vivante.

 

     Je suis forte.  C’est vrai. Mais je suis aussi :  fatiguée, sensible, émotive, drôle (surtout dans mes mauvaises journées) et profondément humaine.  Et peut-être que ma plus grande force, finalement, ce n’est pas de tout tenir… C’est de continuer, même quand j’ai envie de tout déposer.

La Délicatement Fatiguée

 

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.