On m’a déjà lancé ça, avec un petit regard en coin. Vous savez, celui qui juge sans dire trop fort :
« Toi, tu ne te contentes jamais de ce que tu as. »
Et sur le coup, j’ai presque eu envie de m’excuser. Presque. Parce que dans notre belle société, être « satisfait » est souvent vu comme une qualité suprême. La personne qui sourit doucement, qui ne fait pas trop de vagues, qui dit «ça me suffit» … elle est rassurante. Elle entre dans le moule. Elle ne dérange pas.
Moi, je dérange. Pas parce que je suis ingrate. Pas parce que je méprise ce que j’ai. Mais parce que, profondément, viscéralement… je veux plus. Et là, on va se dire les vraies affaires : vouloir plus, ça fait peur au monde.
Le buffet de la vie… et moi avec deux assiettes
Moi, dans la vie, je suis comme au buffet. Tu sais, la personne qui ne prend pas juste une petite assiette raisonnable. Non. Moi, je reviens. Et, je reviens encore. Et pas parce que j’ai faim… mais parce que tout a l’air bon.. Une meilleure version de moi-même? Je prends. Des projets un peu fous? J’en veux. Des défis qui me font douter de mes capacités? Mets-en dans mon assiette.
Et pendant ce temps-là, il y a toujours quelqu’un pour me dire :
« Tu devrais peut-être te contenter de ce que tu as déjà… »
Mais pourquoi? Pourquoi est-ce que se contenter serait la norme, et aspirer à plus, une forme d’insatisfaction chronique?
Stagner, très peu pour moi
Je vais être honnête : l’idée de stagner me donne des petits frissons (pas les bons). Pas le genre de frisson : « oh wow, une couverture chaude et un chocolat chaud ! ». Non. Le genre de frisson : « Je suis prise dans une réunion qui aurait pu être un courriel».
Stagner, pour moi, c’est comme rester coincée dans une version de moi qui n’évolue plus. C’est faire du surplace en regardant les autres avancer. C’est s’installer dans un confort qui devient tranquillement… inconfortable. Et ça, très peu pour moi.
Être reconnaissante… mais ambitieuse
Attention, nuance importante (parce que oui, j’en ai une ;-) ) : Je suis reconnaissante. Vraiment. Je suis reconnaissante pour ce que j’ai, pour les gens autour de moi, pour les petites victoires du quotidien. Je savoure mon café. Je ris fort. Je vois le beau.
Mais être reconnaissante ne veut pas dire mettre mes rêves sur pause. Ce n’est pas un ou l’autre. Ce n’est pas :
- gratitude ou ambition.
C’est :
- gratitude et ambition
Et ça, on dirait que ça déstabilise.
Le jugement… version passive-agressive
Le fameux regard désapprobateur. Celui qui dit :
- « Tu en veux trop. »
- « Tu n’es jamais satisfaite. »
- « Tu pourrais juste être contente… »
Mais si on traduisait ça autrement?
Peut-être que ce qu’on entend vraiment, c’est :
- « Ton mouvement me rappelle mon immobilité. »
- « Ton envie d’avancer me confronte. »
- « Ton feu intérieur me dérange un peu. »
Et ça, ce n’est pas mon problème.
Ma vérité (et je la garde)
Oui, je veux plus. Je veux apprendre plus. Vivre plus. Essayer plus. Tomber, me relever, recommencer. Je veux devenir une version de moi qui n’existe pas encore. Et non, je ne vais pas m’en excuser. Parce qu’au fond, ce n’est pas de l’insatisfaction… C’est de la curiosité. C’est du mouvement. C’est de l'expérience.
Conclusion (ou presque)
Alors la prochaine fois qu’on me dira :
« Tu ne te contentes jamais de ce que tu as »
Je vais sourire. Et je vais répondre, doucement mais fermement :
« Non.Et, c'est exactement ça qui me rend vivante. »
La Délicatement Fatiguée
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