Il y a une catégorie de personnes vraiment particulière dans la vie.
Pas particulière dans le sens “quelle belle profondeur humaine”.
Non.
Particulière comme quelqu’un qui goûte à ton gâteau maison avec l’énergie d’un juge à MasterChef, alors que son plus grand exploit culinaire est d’avoir survécu à un Kraft Dinner trop cuit.
Ces gens-là ont un talent bien précis : ils peuvent regarder quelqu’un oser… et immédiatement ressentir le besoin de lui marcher dessus émotionnellement avec des bottes de chantier.
Tu sais, ce moment précis où quelqu’un partage enfin quelque chose qu’il a créé ?
Un texte.
Une chanson.
Une peinture.
Un projet.
Une idée.
Un rêve encore fragile qui tremble comme un chevreuil sur l’autoroute.
Et là…
BAM!!!!
Le critique non sollicité surgit des buissons de l’amertume.
- “Bof.”
- “C’est pas si bon que ça.”
- “Moi j’trouve ça ordinaire.”
- “Le monde exagère.”
- “Ça déjà été fait.”
Je comprends pas pourquoi les gens aiment ça.”
Ah oui ?!?
Le grand jury international autoproclamé des talents humains.
Ce qui est étrange, c’est que ces personnes-là critiquent rarement les gens qui ne font rien. Étrangement, elles s’attaquent toujours à ceux qui ont osé. Parce qu’oser, ça dérange.
Voir quelqu’un créer quand toi tu n’oses même plus essayer… ça gratte quelque chose à l’intérieur. Pas chez tout le monde. Mais chez certaines personnes, ça réveille une petite voix désagréable qui murmure :
- “Et si moi aussi j’avais pu…?”
Alors au lieu d’admirer…elles diminuent.
Au lieu d’encourager…elles ridiculisent.
Au lieu de dire :
-“C’est pas mon style, mais bravo d’avoir essayé.”
elles choisissent :
- “Je vais faire semblant que c’est mauvais pour ne pas sentir mon propre inconfort.”
Et le pire ? Souvent, elles le font avec un petit sourire passif-agressif tellement poli qu’on dirait une secrétaire de bureau qui t’annonce que ton imprimante est morte.
Mais il faut parler aussi des spectateurs autour. Les gens qui entendent ces critiques-là et qui rient nerveusement. Qui laissent passer. Qui regardent quelqu’un se faire démolir subtilement sans jamais dire :
- “Hey… pourquoi tu fais ça ?”
Parce que des fois, le silence devient un complice. Et honnêtement ? Il faudrait peut-être commencer à dire aux gens d’arrêter. Pas dans une crise dramatique avec une chaise lancée dans les airs comme dans une téléréalité québécoise un mardi soir. Juste… calmement.
- “Pourquoi tu ressens le besoin de rabaisser ça ?”
-“La personne a travaillé fort.”
- “T’as le droit de pas aimer, mais pas besoin d’écraser.”
- “On "peut-tu" laisser le monde créer en paix deux minutes ?”
Parce qu’on normalise beaucoup trop le sarcasme déguisé en intelligence. Comme si être cynique faisait automatiquement de quelqu’un une personne plus lucide.
Spoiler : non.
Parfois, ça fait juste de toi quelqu’un qui lance des tomates émotionnelles sur les gens qui montent sur scène pendant que toi, t’es assis dans les estrades avec un hot-dog froid et des regrets non traités.
Et entre nous…les personnes qui créent malgré la peur ? Celles qui osent publier, chanter, écrire, peindre, parler, essayer ? Elles sont courageuses. Parce que créer, c’est accepter d’être vu. Et être vu, aujourd’hui, c’est aussi accepter d’être jugé par quelqu’un qui pense qu’un commentaire Facebook équivaut à une maîtrise en art dramatique et en psychologie humaine.
Mais voici la vérité : Les gens heureux applaudissent plus qu’ils n’écrasent.
Les gens en paix avec eux-mêmes n’ont pas besoin de diminuer la lumière des autres pour tolérer la leur.
Et les personnes qui passent leur temps à discréditer le talent des autres finissent souvent par révéler davantage leur propre frustration… que les défauts de la personne qu’elles critiquent.
Alors si tu vois quelqu’un oser : encourage-le.
Et si tu vois quelqu’un essayer de l’humilier gratuitement : dis quelque chose.
Parce qu’il y a déjà assez de personnes qui abandonnent leurs rêves en silence. On n’a pas besoin d’ajouter une chorale de critiques frustrés avec un mégaphone émotionnel et l’énergie d’un grille-pain fâché.
La Délicatement Fatiguée
Ajouter un commentaire
Commentaires