Aujourd’hui, c’est la fête de ma mère.
Cette femme extraordinaire qui nous a élevés avec amour, discipline… et parfois une claque qui arrivait plus vite que la lumière.
Chez nous, on n’avait pas peur de notre père. Mon père, c’était le gentil. Le doux. Le « va demander à ta mère ». L’autorité suprême, c’était elle.
Ma mère pouvait nous lancer LE REGARD.
Pas besoin de crier.
Pas besoin de parler.
Ce regard-là pouvait arrêter un enfant en plein mouvement, faire sécher des larmes et provoquer une réflexion spirituelle immédiate.
Même aujourd’hui, adulte, si elle dit mon nom au complet avec la bonne intonation, mon cœur fait encore :
« Oh non… qu’est-ce que j’ai fait ? »
Mais derrière son air sévère se cachait aussi la reine de la magie de l’enfance. Parce que ma mère, elle nous a fait croire à TOUT.
Au Père-Noël.
Aux lutins.
À la fée des dents.
Au lapin de Pâques.
Et elle s’investissait sérieusement dans ses mensonges créatifs.
Elle faisait des traces de pas. Elle mangeait une bouchée des biscuits « du Père-Noël ». Elle écrivait des lettres des lutins avec des écritures différentes comme une agente infiltrée du FBI des fêtes familiales.
Cette femme-là pouvait te donner une claque à 15 h parce que tu avais répondu bête…puis passer la soirée à fabriquer de la poussière de fée avec du brillant du Dollorama pour maintenir la magie vivante.
C’était contradictoire.
Mais c’était magnifique.
Et les anniversaires ?
Ma mère ne les oubliait jamais.
Il y avait toujours un gâteau. Toujours des amis. Toujours des décorations un peu croche, des assiettes en carton et des photos gênantes prises avec un flash tellement puissant qu’on avait l’air d’avoir vu Jésus en personne. Mais elle faisait de nos journées quelque chose d’important.
Même quand l’argent était serré.
Même quand elle était fatiguée.
Même quand la vie allait trop vite.
Elle trouvait le moyen de créer des souvenirs.
Avec le recul, je réalise que ma mère a passé sa vie à porter le poids de tout.
Les horaires.
Les lunchs.
Les vêtements.
Les disputes.
Les cadeaux.
Les traditions.
La discipline.
La magie.
Les mères de cette génération-là n’étaient pas parfaites. Elles étaient fatiguées. Elles étaient dures parfois. Mais mon Dieu qu’elles aimaient fort. Elle nous ont élevés avec les outils qu’elles avaient. Avec leurs blessures. Avec leur courage. Avec leur cœur immense caché derrière un « attends que ton père arrive » complètement inutile… parce que c’était elles, le vrai boss.
Aujourd’hui, je regarde ma mère et je souris.
Parce qu’au fond, cette femme sévère qui distribuait des claques occasionnelles était aussi celle qui passait une heure à cacher des cocos de Pâques dans la maison pour voir nos yeux briller.
Et honnêtement ? Ça prend une quantité impressionnante d’amour pour créer de la magie quand la vie est ordinaire.
Merci pour les souvenirs, les traditions, les peurs légères, les gâteaux, la magie… et les traumatismes éducatifs modérés qui font aujourd’hui d’excellentes anecdotes familiales.
Bonne fête maman, je taime!!!
La Délicatement Fatiguée
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