Il est 20h 42. Je regarde l’horloge. Je soupire. Et, comme chaque soir, je me demande : Mais où est passée ma journée ? Pourtant, j’ai été occupée. Très occupée. Tellement occupée que je n’ai même pas eu le temps de… me souvenir de ce que j’ai fait exactement.
Le grand mystère du temps évaporé
Le temps, c’est un peu comme ces chaussettes dans la sécheuse, on sait qu’on en a mis deux… mais à la fin, il en reste juste une, et aucune explication crédible. On commence la journée avec 24 heures toutes neuves, encore brillantes, pleines de promesses. Et puis, quelque part entre : « Je vais juste vérifier un message », « Je vais juste m’asseoir deux minutes » ou « Je vais juste regarder UNE vidéo »…BAM! Il est rendu 20 h 42.
L’illusion de la productivité
On a l’impression de courir toute la journée. Et on court vraiment. Mais souvent… sur place. On coche des cases invisibles, répondre à des messages, penser à ce qu’on doit faire, s’inquiéter de ce qu’on n’a pas fait, planifier des choses qu’on reportera. Résultat…notre cerveau est épuisé… Mais notre liste de tâches, elle, est toujours aussi enthousiaste. C’est un peu comme pédaler sur un vélo stationnaire, beaucoup d’efforts, zéro paysage.
Le temps fragmenté
Avant, une activité = un moment.
Maintenant ?
Une activité = un message texte + une notification + une pensée intrusive + une vérification rapide + une distraction + « attends, j’étais rendue où déjà ? »
Notre attention est devenue une tarte coupée en 47 petites pointes. Et on essaie de nourrir toute notre vie avec des miettes. Pas étonnant qu’on ait l’impression que le temps file : on ne le vit plus vraiment, on le survole.
Le cerveau en surcharge
Notre cerveau adore terminer des choses. Ça lui donne un sentiment de satisfaction, de contrôle, de « mission accomplie ». Mais aujourd’hui, on commence 15 choses… et on en termine 2 (et encore, une des deux, c’était répondre à un courriel qui aurait pu attendre). Résultat : une sensation constante de retard. Comme si la vie était une course… et qu’on avait oublié le point de départ.
Et si le problème n’était pas le temps ?
Plot twist : le problème, ce n’est peut-être pas qu’on manque de temps… C’est qu’on manque de présence. Parce que le temps vécu pleinement ne disparaît pas de la même façon. Il s’étire, il marque, il s’imprime. Alors que le temps distrait… lui, glisse entre les doigts comme de l’eau.
La vérité (un peu inconfortable, mais libératrice)
On ne manque pas toujours de temps. On est souvent dispersés dans trop de directions à la fois. On veut, être efficaces, être disponibles, être parfaits, être reposés, être tout et tout le temps. C’est comme essayer de regarder 12 séries en même temps…et se plaindre de ne comprendre aucune intrigue.
Une petite rébellion douce
Et si, demain, on essayait quelque chose de radical ? Faire une chose à la fois. Oui, oui. Une seule. Boire son café… sans téléphone. Écouter quelqu’un… sans préparer sa réponse. Travailler… sans ouvrir 14 onglets inutiles (dont 11 qu’on garde « au cas où » depuis 2017). Peut-être que le temps ne va pas ralentir. Mais il va redevenir… habitable.
Conclusion
Il est maintenant 21 h 39. Je viens d’écrire tout ça. Et pour une fois…je sais exactement où est passé mon temps. Et honnêtement ? Ça fait du bien. Comme quoi, parfois, le temps ne manque pas. C’est juste nous… qui étions ailleurs.
La Délicatement Fatiguée
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