Il y a des matins
où le café ne suffit pas.
Pas parce qu’il est froid,
mais parce que le cœur l’est un peu aussi.
Il y a des jours
où tu entres en classe
avec un sourire cousu serré,
un peu croche, mais courageux,
comme un élève qui essaie quand même.
Tu portes beaucoup.
Des sacs invisibles remplis de noms,
d’histoires,
de silences trop lourds pour des enfants.
Tu portes leurs regards,
leurs tempêtes,
leurs « j’ai pas compris »
et leurs « j’m’en fous » qui veulent dire tout le contraire.
Et parfois,
tu es fatiguée d’être celle
qui tient debout quand tout vacille.
Fatiguée d’être forte.
Fatiguée de comprendre.
Fatiguée d’expliquer encore… autrement.
Mais il y a aussi
ces petites lumières.
Un élève qui revient te dire
« Madame, j’ai réussi. »
Un autre qui reste un peu plus longtemps
juste pour être là.
Un sourire qui n’existait pas en septembre.
Un regard qui s’allume.
Un cœur qui s’ouvre… un peu.
Et ça ne paie pas les heures.
Ça ne remplit pas le vide des journées trop longues.
Mais ça rappelle pourquoi tu es là.
Tu n’es pas juste fatiguée.
Tu es essentielle.
Alors si aujourd’hui
tu n’as que la moitié de ton énergie,
donne-la quand même.
Parce que ta moitié
fait souvent des miracles entiers.
Et si personne ne te l’a dit aujourd’hui :
ce que tu fais compte.
Même quand ça ne paraît pas.
Même quand ça ne se voit pas.
Même quand toi, tu doutes.
Respire.
Demain, ils reviendront.
Et toi aussi.
La délicatement fatiguée
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