Poème pour les enseignants fatigués

Publié le 17 avril 2026 à 05 h 40

Il y a des matins

où le café ne suffit pas.

Pas parce qu’il est froid,

mais parce que le cœur l’est un peu aussi.

 

Il y a des jours

où tu entres en classe

avec un sourire cousu serré,

un peu croche, mais courageux,

comme un élève qui essaie quand même.

 

Tu portes beaucoup.

Des sacs invisibles remplis de noms,

d’histoires,

de silences trop lourds pour des enfants.

 

Tu portes leurs regards,

leurs tempêtes,

leurs « j’ai pas compris »

et leurs « j’m’en fous » qui veulent dire tout le contraire.

 

Et parfois,

tu es fatiguée d’être celle

qui tient debout quand tout vacille.

 

Fatiguée d’être forte.

Fatiguée de comprendre.

Fatiguée d’expliquer encore… autrement.

 

Mais il y a aussi

ces petites lumières.

 

Un élève qui revient te dire

« Madame, j’ai réussi. »

Un autre qui reste un peu plus longtemps

juste pour être là.

 

Un sourire qui n’existait pas en septembre.

Un regard qui s’allume.

Un cœur qui s’ouvre… un peu.

 

Et ça ne paie pas les heures.

Ça ne remplit pas le vide des journées trop longues.

Mais ça rappelle pourquoi tu es là.

 

Tu n’es pas juste fatiguée.

Tu es essentielle.

 

Alors si aujourd’hui

tu n’as que la moitié de ton énergie,

donne-la quand même.

 

Parce que ta moitié

fait souvent des miracles entiers.

 

Et si personne ne te l’a dit aujourd’hui :

ce que tu fais compte.

 

Même quand ça ne paraît pas.

Même quand ça ne se voit pas.

Même quand toi, tu doutes.

 

Respire.

Demain, ils reviendront.

Et toi aussi.

La délicatement fatiguée

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