Le monde vu de l’intérieur d’une école à l’ intermédiaire

Publié le 15 avril 2026 à 19 h 51

     Il y a un moment précis, vers la 7e année, où les humains deviennent… autre chose.  Pas encore adultes. Plus tout à fait enfants.  Un genre de créature hybride qui peut débattre avec passion de justice sociale…et pleurer parce que quelqu’un a pris leur chaise “sans demander”.  Bienvenue dans le monde fascinant, imprévisible et parfois légèrement chaotique de l’école à l’intermédiaire.

 

Une jungle… mais avec des casiers

 

     Dès qu’on entre dans une école à l’intermédiaire, on sent que quelque chose se passe.  Pas visible à l’œil nu, mais palpable : des alliances qui changent entre deux récréations, des regards lourds de sens (que personne ne comprend vraiment, même pas eux), des silences qui en disent plus que mille mots et des drames… toujours des drames.  Un simple “elle m’a regardé bizarrement” peut devenir une affaire digne d’une enquête internationale.  Et pourtant, 15 minutes plus tard, ils rient ensemble comme si rien ne s’était passé.  C’est ça, l’intermédiaire :  des émotions en haute définition… avec une mémoire très sélective.

 

 L’absurde du quotidien

 

     Il y a des choses qu’on ne peut comprendre qu’en étant à l’intérieur.  Comme :  un élève qui oublie son crayon… alors qu’il en a 12 dans son sac, un autre qui jure qu’il a remis son travail… “dans sa tête”, les débats passionnés pour savoir si une gomme à mâcher  peut être “partagée équitablement” en 17 parties ou encore l’énergie incroyable déployée pour éviter de faire… exactement ce qu’on leur demande.  Et puis il y a les questions existentielles :

“MadaaaaAAaaaame, si on finit plus tôt… est-ce qu’on peut rien faire?”

 

 Des cœurs en construction

    Sous les blagues, les silences, les “j’m’en fous” lancés un peu trop vite…  Il y a des jeunes qui vivent des choses profondes : des premières insécurités, des amitiés qui font et défont leur monde, des comparaisons constantes,des moments où ils veulent être vus… mais surtout pas trop.  Ils testent qui ils sont, comme on essaie des vêtements :  “Est-ce que ça, c’est moi?” ou “Est-ce que je suis correct comme ça?”  Et parfois, la réponse dépend simplement de qui est assis à côté d’eux ce jour-là.

 

Les liens invisibles

 

Il y a aussi quelque chose de beau. Vraiment beau.  Mais il faut ralentir pour le voir.  

  • Un élève qui explique discrètement la matière à un autre.
  • Une blague lancée juste au bon moment pour alléger une journée lourde.
  • Un “ça va?” murmuré entre deux cours.
  • Un regard de fierté quand quelqu’un réussit enfin.

 

Ce ne sont pas des grands gestes.  Mais ce sont des fondations. 

 

Une montagne russe… à chaque période

 

     Ce qui frappe le plus, c’est la vitesse.  Un élève peut passer de : “C’est la pire journée de ma vie” à “Madame, regardez mon dessin!” en moins de 10 minutes.  Ils ressentent tout fort, vite, et souvent sans mode d’emploi.  Et au milieu de ça, ils apprennent : à se comprendre, à se contenir (parfois) ou à se relever (souvent).

 

 Le grand chantier humain

 

     Une école à l’ intermédiaire, ce n’est pas juste un lieu d’apprentissage. C’est un chantier.  Un endroit où : les identités se construisent, les erreurs sont fréquentes, les victoires sont discrètes et chaque journée compte, même celles qui semblent complètement désorganisées.  C’est imparfait, bruyant, parfois épuisant mais, c’est aussi rempli de vie.

 

 Et au fond…

 

     Si on regarde vraiment, au-delà du bruit et du chaos…  On voit des jeunes qui essaient.  Qui cherchent leur place.  Qui testent leurs limites.  Qui apprennent, souvent sans s’en rendre compte, à devenir eux-mêmes.  Et honnêtement ?  C’est un peu désordonné…  Mais c’est profondément humain.

 

Je les aime tellement…. 

La Délicatement Fatiguée

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