Il existe un mythe dans le monde de l’éducation.
Le fameux « sac à patience ».
On nous fait croire qu’en devenant adulte responsable, enseignant, parent ou intervenant, nous recevons automatiquement un immense sac magique rempli de calme, de zenitude et de réponses pédagogiques inspirantes.
FAUX.
Mon sac à patience, personnellement, ressemble davantage à un vieux sac d’épicerie réutilisable du Dollorama avec un fond percé.
Et certains jours… il est VIDE.
Complètement vide.
Genre :
- plus une goutte de patience;
- plus un soupçon de respiration consciente;
- même mon café me regarde avec inquiétude.
Ce sont souvent ces journées où :
- Un élève te demande où est son crayon…alors qu’il est dans sa main.
Un autre crie :
« Madameeeeeeeeeeeeee ! »pour te montrer une gomme en forme de banane.
Pendant ce temps, un parent t’écrit un roman de 14 paragraphes pour savoir pourquoi le devoir de mathématiques était imprimé recto-verso.
Et toi…Tu souris extérieurement. Mais intérieurement ? Tu as envie de visser quelqu’un dans le plancher.
Pas violemment là…
symboliquement...
Comme quand tu regardes le plafond en silence en te demandant si tu pourrais survivre dans une cabane au fond des bois avec seulement du café et aucun être humain pendant trois semaines.
Il faut aussi parler des réunions.
Ces merveilleuses réunions qui auraient pu être un courriel.
Tu arrives avec le peu d’énergie qu’il te reste…et quelqu’un dit :
« On va faire un petit tour de table. »
Là, tu sens ton âme quitter ton corps.
Et pourtant…
Le plus drôle dans tout ça, c’est qu’on recommence chaque matin.
On revient.
On accueille.
On écoute.
On console.
On encourage.
On trouve encore la patience quelque part entre deux photocopies coincées et un élève qui mange de la colle en te regardant droit dans les yeux.
Parce que malgré les journées absurdes, malgré les parents exigeants, malgré les « Madame, il m’a regardé ! » répétés 72 fois par jour… On les aime.
Même quand notre sac à patience est vide.
Même quand on rêve secrètement d’une journée pédagogique dans un spa silencieux interdit aux notifications et aux êtres humains.
Parce qu’au fond, les gens qui donnent le plus sont souvent ceux qui finissent leurs journées complètement vidés.
Et parfois, la meilleure pédagogie, c’est simplement de réussir à ne pas perdre connaissance avant 15 h 30.
Amen.
La Délicatement Fatiguée
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