Mautadine que j’ai chaud : chronique d’une femme en préménopause (et légèrement en feu)

Publié le 3 avril 2026 à 20 h 18

     Je vous le dis d’emblée : si vous me cherchez, je suis probablement en train de vivre ma quatrième mini-canicule personnelle de la journée… en plein mois d’avril… en camisole… la fenêtre grande ouverte… pendant que tout le monde porte encore un manteau.

 

Mautadine que je suis écoeurée d’avoir chaud!!!!

 

     Mais attention, pas le petit chaud coquet là. Non non. Le chaud qui part de l’âme. Le chaud qui te fait douter que tu es encore humaine.  Le chaud qui te fait comprendre pourquoi les dragons crachent du feu : ils sont juste en préménopause, eux aussi.

 

     Et là, entre deux bouffées de lave interne, BAM!! Un saut d’humeur. Je passe de :« Oh mon amour, veux-tu un café? » à « SI TU RESPIRES ENCORE UNE FOIS TROP FORT, TU DÉMÉNAGES DANS LE GARAGE. » Le pire?  Il respire… normalement. C’est ça son crime… Je le regarde, calme, paisible, vivant… et moi dans ma tête je suis comme : Mais pourquoi tant d’audace respiratoire?

 

Le corps : ce grand traître

 

     Avant, mon corps et moi, on formait une équipe. On se comprenait. On collaborait. Maintenant?  C’est rendu une relation toxique.  Mon corps décide :

  1. de transpirer comme si je courais un marathon… en étant assise;
  2. de me réveiller à 3h17 du matin… POUR AUCUNE RAISON;
  3. de pleurer devant une publicité de yogourt.

 

Oui, oui. Un yogourt.  Il avait l’air tellement heureux, ce yogourt...

 

Les émotions : version montagnes russes sans ceinture

 

     On ne parle pas assez de ce volet-là. Un moment, je suis une femme forte, indépendante, centrée.  Deux minutes plus tard, je remets toute ma vie en question parce que j’ai échappé une cuillère. UNE CUILLÈRE!  Et là, dans ma tête : « C’est ça… c’est le début de la fin… je perds tout contrôle… bientôt je vais oublier comment fonctionner… » … puis cinq minutes après : « Bon, ça va, calme-toi, prends un verre d’eau ou un verre de vin... »  Je suis à la fois la crise… et la thérapeute.

 

Le couple : zone à risque élevé

 

     Je tiens à dire que j’aime mon mari. Vraiment.  Mais en ce moment… il vit dangereusement.  Parce qu’il existe.  Parce qu’il mange trop bruyamment.  Parce qu’il pose des questions.  Parce qu’il ose être de bonne humeur à 7h du matin.  Qui est heureux à 7h? SUSPECT.

 

     Mais derrière le chaos…  Il y a aussi quelque chose de profondément… humain.  La préménopause, c’est comme une grande secousse intérieure.  Un moment où le corps dit :  « Hé… on change de chapitre. »

 

     Et moi, au milieu de mes bouffées de chaleur et de mes envies de déménager seule dans une cabane sans personne qui respire, je réalise que… Je suis en transformation. Oui, c’est intense. Oui, c’est parfois ridicule.  Oui, j’ai envie de lancer des objets inanimés (et animés).  Mais c’est aussi une période où je me redécouvre.  Où je mets des limites.  Où je comprends que j’ai le droit d’être fatiguée, impatiente, vulnérable… … et aussi un peu dramatique. Bon. Beaucoup dramatique.

 

Conclusion (temporaire, parce que mon humeur peut changer dans 3 minutes)

 

     Si vous me croisez et que j’ai l’air en sueur, émotive et prête à débattre avec un grille-pain…  Donnez-moi juste : un ventilateur, un peu d’espace, et idéalement… personne qui respire trop près.

 

MERCI!

 

Et à toutes celles qui vivent ça en ce moment : on est ensemble. En feu…  mais ensemble. ;-)

La Délicatement Fatiguée