Et si ce n’était pas l’autre le problème?

Publié le 26 avril 2026 à 19 h 50

     Il y a des malaises qui ne font pas de bruit.  Ils ne se disent pas franchement, ne s’écrivent pas noir sur blanc… mais ils se ressentent.  Dans les silences.  Dans les regards qui se détournent.  Dans ces réactions un peu froides quand quelqu’un ose faire autrement. Ces derniers temps, je me pose une question simple, mais inconfortable : et si, parfois, ce n’était pas l’autre le problème?

 

Quand l’élan de l’autre nous dérange

     Pourquoi certaines initiatives nous irritent-elles?  Pourquoi l’énergie de quelqu’un peut-elle devenir, pour nous, une source de tension?  Carl Jung écrivait que « tout ce qui nous irrite chez les autres peut nous conduire à une meilleure compréhension de nous-mêmes. »  Et si ce malaise n’était pas une preuve que l’autre en fait trop… mais plutôt un miroir de quelque chose en nous? Une comparaison? Une insécurité?  Un désir qu’on n’ose pas nommer? 

 

Le réflexe de la jalousie silencieuse

     La jalousie ne crie pas toujours.  Souvent, elle s’installe doucement.  Elle prend la forme d’un commentaire banal.  D’une minimisation.  D’un jugement rapide.  On ne dit pas « je suis jaloux ».  On pense plutôt :

« C’est trop. »

« Elle en fait trop. »

« Ça ne sert à rien. »

     Mais au fond… est-ce vraiment ça?  Comme le disait Brené Brown,« La comparaison est l’endroit où la honte aime vivre. »  Et la honte, elle, préfère rester cachée.

 

Se poser les vraies questions

     Et si, au lieu de juger rapidement, on ralentissait juste assez pour se demander :  Qu’est-ce que ça vient toucher en moi?  Pourquoi ça me dérange autant?  Est-ce que je me sens menacé… ou simplement inconfortable?  Est-ce que je regarde l’autre… ou est-ce que je me compare?  Ce ne sont pas des questions faciles.  Mais elles sont honnêtes.

 

Changer de posture

     On a toujours le choix.  On peut regarder l’élan de l’autre comme une provocation ou comme une possibilité.  On peut fermer.  Ou s’ouvrir.  Comme le rappelait Marshall Rosenberg, l’être humain est fondamentalement guidé par ses besoins , pas par le désir de nuire.  Alors peut-être que derrière ce qui nous dérange… il y a simplement quelqu’un qui essaie, à sa manière, de répondre à un besoin.  Et si, au lieu de juger le geste, on s’arrêtait au courage qu’il a fallu pour le poser? 

 

Et moi, dans tout ça?

     Ce texte n’est pas une accusation.  C’est une invitation.  Parce qu’on est tous, à un moment ou un autre, tombés dans ce piège-là.  Moi aussi.  Mais aujourd’hui, j’essaie de choisir autrement.  Choisir de ne pas réduire l’autre à ce qu’il me fait ressentir.  Choisir de ne pas transformer mon inconfort en jugement.  Choisir de rester curieux… plutôt que critique.  Peut-être que le vrai défi est là.  Pas dans ce que les autres font, mais dans ce que ça réveille en nous.  Et si grandir, ce n’était pas d’en faire plus… mais d’apprendre à regarder autrement?

La Délicatement Fatiguée

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